« La tentation est une épine » 

14 

AVRIL 2021

Mixology
Interview
Dame de pique 

C’est dans les bois de Saint-Brice, au milieu des plantes sauvages que tout a commencé. Suite au décès de son grand-père, Romuald Vincent a créé la maison Dame de Pique afin de faire valoir la maîtrise d’une tradition familiale. Plus récemment, en alliant créativité et innovation, cet architecte de formation a développé Djin, le premier spiritueux sans alcool français, venu répondre à une demande de boissons non alcoolisées.

Une histoire et un savoir-faire que nous avons voulu connaître. Pour ce faire, quoi de mieux que de partir à la rencontre de Romuald ? Une rencontre qui s’est accompagnée d’une dégustation dans une cave bordelaise, en toute intimité.

 

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Pourquoi avoir arrêté votre métier d’architecte pour vous consacrer à l’univers des spiritueux ?

Romuald Vincent: Les spiritueux faisaient partie des mes nombreux projets, mais c’est suite à la mort de mon grand-père que j’ai voulu faire connaître son savoir-faire. J’ai donc relancé sa production de vins fortifiés qui se faisait dans la ferme familiale à Saint-Brice en Charente. Je l’ai baptisée Dame de Pique, et j’ai souhaité la faire connaître en dehors de notre village, à plus grande échelle. À Paris j’ai pu constater l’émergence des bars à cocktails, avec cette idée de proposer des produits différents. C’est par le biais de rencontres et d’échanges que j’ai pu répondre à certaines interrogations, qui ciblaient la création de cocktails.

De ce fait, après Dame de Pique, j’ai lancé une toute nouvelle production de vermouths artisanale, que j’ai baptisé l’Elixir de la dame, en hommage à l’abbaye de Chartes, où les moines produisaient leur vin médicinal.

Des produits qui puisent leur empreinte dans la nature et l’histoire qu’elle nous raconte. C’est justement cette histoire, qui fait toute le différence. 

« Dame de Pique », le nom que vous avez donné à la production de votre grand- père, provient d’une légende qu’il vous racontait quand vous étiez enfant… pouvez- vous, à votre tour, nous la raconter ?

R.V: Cette histoire fait référence à une dame qui se serait noyée dans les étangs, près du bois là où se situait la zone de récolte. Notre grand-père nous disait qu’elle hantait le secteur pour que nous n’allions pas nous y balader (et ça marchait !).
La plante, la veine d’épine noire étant sa principale composante, c’était pour moi une belle façon de faire un clin d’oeil à cette légende.

Voyez-vous un ou des points communs entre votre ancienne profession et votre activité actuelle ?

R.V: On pense qu’être architecte, c’est uniquement construire des maisons. Alors que l’intérêt du métier, c’est de créer un projet. Il faut mettre en lien des éléments qui n’ont parfois rien à voir les uns avec les autres, cela permet d’accéder à de nombreuses possibilités, d’élargir sa prise de vue. Je dirais donc qu’aujourd’hui je retrouve cette démarche de création de projet. La seule différence c’est que désormais, je ne travaille plus sur une maison physique, mais sur une maison spirituelle.

D’où vous est venue l’idée de créer Djin ?

R.V: Djin est le résultat d’un échange avec un ami barman, qui se plaignait de ne pas avoir assez d’alternatives aux spiritueux pour les consommateurs qui souhaitaient du sans-alcool. En effet, entre les jus de fruits et le sucré, le choix restait limité, c’est là que je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire émerger.

Le défi lancé, j’ai passé un an à développer le projet et le produit a été créé il y a un an et demi maintenant. Djin est donc devenu le premier spiritueux français sans alcool.
J’ai eu beaucoup de demandes sur Paris, et, ces derniers mois j’ai fait appel à un distributeur national pour le commercialiser.

Djin a reçu 3 médailles : en France ; en Chine ; aux États-Unis.